Cinquième génération de Maîtres-imprimeurs, Claude Draeger, en 1984, fonde sa propre maison d’édition et entreprend d’éditer exclusivement des livres d’art selon les principes dont il a hérité. Son catalogue compte bien des titres prestigieux aujourd’hui épuisés et très recherchés par les collectionneurs.


L’édition d’art, bien plus qu’une vocation
Nicolas, son fils, lui succède en 2002 à la tête de l’entreprise. Il s’inscrit à son tour dans l’aventure et, si son catalogue s’étoffe aujourd’hui de livres d’art aux sujets variés, il perpétue néanmoins la tradition familiale dans le domaine de l’édition rare et des procédés d’impression disparus.

Le retour à l’art lithographique
À l’occasion du cinquantenaire de la mort d’Henri Matisse, les Éditions Anthèse rééditent en lithographie le superbe album Jazz. L’œuvre originale de 1947 avait été réalisée en partie par une certaine maison Draeger Frères… L’édition de 2004, imprimée à la main, a demandé de longues mises au point pour les encres et le papier. Les amateurs du monde entier vont acquérir ce témoignage unique de savoir-faire.
En 2006, commence une nouvelle quête de perfection en s’attaquant à l’œuvre érotique du peintre expressionniste viennois Egon Schiele. Dans son coffret de toile orange, Erotica présente vingt chefs-d’œuvre imprimés à la main par Nicolas et son équipe pendant tout l’été 2007 à Paris sur une presse lithographique Marinoni-Voirin de la fin du xixe siècle.

Naissance d’un atelier
En 2011, forte de son succès et d’une demande manifeste d’un retour à la “belle ouvrage” d’antan, Anthèse crée son propre atelier de lithographie… et se lance un nouveau défi : la réédition du Tumulte Noir de Paul Colin, peintre et affichiste. Une œuvre magistrale de quarante-cinq planches née de la fascination de l’artiste pour Joséphine Baker et inspirée par la Revue Nègre – dont il réalisera l’affiche – qui lui valut ses lettres de noblesse.


La roue du temps lancée par Nicolas Draeger en 1830 semble illustrer à merveille les prodiges du mouvement perpétuel.